2 Jan 2017

Appel à communication/publication : Les Aventuriers de l’art moderne, un objet pluridisciplinaire

Le 12 mai 2017, dans le cadre du Congrès de l’ACFAS se déroulant à l’Université McGill, à Montréal, mon collègue Rémy Besson (postdoctorant à l’Université de Montréal) et moi organisons une journée d’étude portant sur la série télévisée Les Aventuriers de l’art moderne (Amélie Harrault, 2015). Dans cette perspective, nous lançons un appel à communication (date limite : 10 février 2017) auquel nous espérons que vous serez nombreux à répondre.

Les Aventuriers de l’art moderne, un objet pluridisciplinaire

Les Aventuriers de l’art moderne est une série de six documentaires d’art qui a été diffusée sur Arte en 2015-16. Centrées sur Paris, les différentes intrigues reposent sur une série de portraits croisés de peintres, d’écrivains, de cinéastes et d’intellectuels, ayant vécu entre le début du XXe siècle et la Seconde Guerre mondiale. L’objet de la série se situe ainsi plutôt du côté de la vie des créateurs, et de l’imbrication de cette dernière avec leurs œuvres, que du côté des créations elles‑mêmes. En cela, elle suit la chronique de plus de 1200 pages que Dan Franck propose dans sa trilogie – Bohèmes (1998), Libertad ! (2004) et Minuit (2010) – dont elle est une adaptation. Dan Franck est d’ailleurs le scénariste de la série, qui adopte également la forme du premier court métrage, Mademoiselle Kiki et les Montparnos (2012), d’Amélie Harrault, co-réalisatrice de la série avec Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux. L’originalité de ce film d’animation de 2012 primé notamment aux César, est que le style et le graphisme des plans varient en fonction de l’artiste dont il est question. Il y a ainsi une certaine adéquation entre le sujet abordé et le traitement visuel. Tout le pari de la série constitue à tenir ce format sur plus de cinq heures (6 épisodes de 52 minutes). Une solution a consisté à ne pas uniquement recourir au dessin, mais aussi à des images d’archives (séquences d’actualité, documentaires, photographies, etc.), qui sont utilisées parfois comme des illustrations, d’autres fois de manière beaucoup plus libre. Il en est ressorti une série qui a été assez globalement acclamée par la critique.

L’objectif de cet appel ne vise pas à renforcer cette hagiographie. Il s’agit plutôt de considérer cette production audiovisuelle originale comme un point de départ afin de développer une réflexion d’ordre méthodologique. Le but est de donner à voir comment chacune des approches disciplinaires choisies – approches culturalistes de la littérature et de l’art, histoire de l’art, étude des archives audiovisuelles, étude du cinéma d’animation, etc. –, éclairent certains aspects du film tout en en sous-estimant d’autres. L’idée est qu’en multipliant les points de vue, une compréhension plus fine de ce faisceau de productions artistiques (créations datant de la première moitié du vingtième-siècle, livres de Dan Franck, court métrage d’Amélie Harrault et série télévisée) émergera et enrichira leur appréciation. Celle-ci ne sera pas le fait d’une approche idéale qui viendrait se substituer aux autres, mais, au contraire, de la pluralité des discours elle-même et des liens ainsi créés entre ces discours et ces créations.

Pour mener à bien ce programme, les chercheurs engagés dans ce projet pourront interroger le travail d’adaptation mené depuis les trois livres vers la série documentaire, ou considérer les liens entre le court métrage et la série. La représentation des œuvres d’art et de la figure des artistes pourra aussi bien être questionnée du point de vue de l’histoire de l’art que de l’histoire culturelle, voire des études de genre. Les différents usages de l’animation et des images d’archives dans le film pourront également donner lieu à une réflexion d’ordre esthétique ou historienne sur le statut documentaire du film ou sur l’originalité graphique de ce dernier. Enfin, la notion de modernité qui est au cœur de l’intrigue pourra être abordée du point de vue des études littéraires et cinématographiques. Il s’agit-là de quelques-unes des pistes qui pourront être abordées. Le sujet est donc à l’articulation entre approche intermédiale et interartiale.

Nous souhaitons donner à ce projet la forme d’une journée d’étude qui se tiendra le 12 mai 2017 à Montréal, dans le cadre du congrès de l’ACFAS, suivie d’une publication prévue au cours de l’année. Afin de respecter ce calendrier, nous demandons aux chercheurs intéressés par ce projet de s’engager pour ces deux dimensions et de bien vouloir envoyer à Karine Abadie (kabadie[a]mun.ca) et Rémy Besson (remy.besson[a]umontreal.ca) une courte proposition (300 mots max.) rendant compte d’un point de vue sur le film avant le 10 février 2017.

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